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Bank Nizwa propose d'acquérir Alizz Islamic Bank alors que le secteur islamique omanais s'approche de 20 % du marché

La proposition non contraignante de Bank Nizwa pour acquérir Alizz Islamic Bank intervient alors que les actifs islamiques atteignent 9,8 milliards OMR — 19 % du système bancaire omanais.

Riyadh skyline showing the King Abdullah Financial District and Kingdom Tower

La thèse

Deux banques islamiques qui proposent une fusion en Oman, ça ressemble à une nouvelle ordinaire. Ça ne l’est pas. Quand Bank Nizwa — la première et la plus ancienne banque islamique autonome du pays — dépose une lettre d’intention pour acquérir Alizz Islamic Bank auprès d’une banque conventionnelle cherchant à se délester d’un actif non stratégique, le deal révèle quelque chose de structurel : le secteur bancaire islamique omanais s’approche d’une taille où la fragmentation commence à nuire à tout le monde.

Deux banques, un calcul

Bank Nizwa a soumis une lettre d’intention non contraignante le 16 juillet 2026, proposant d’acquérir 100 % d’Alizz Islamic Bank SAOC auprès d’Oman Arab Bank. La valorisation indicative est fixée à 1,2 fois la valeur comptable — une prime modeste qui reflète à la fois le potentiel inexploité d’Alizz et le risque d’exécution inhérent à toute fusion.

L’opération implique un troisième acteur : Ominvest, le groupe d’investissement du Golfe, prendrait une participation stratégique allant jusqu’à 20 % dans le Bank Nizwa post-fusion, via une souscription de nouvelles actions. Le financement combinerait une émission de sukuk perpétuels AT1 et l’apport en fonds propres d’Ominvest — une structure visant à renforcer l’adéquation des fonds propres de Bank Nizwa tout en distribuant le risque.

Les chiffres du secteur derrière le mouvement

Le calendrier est délibéré. Selon les données de la Banque centrale d’Oman publiées en mai 2026, le total des actifs du secteur bancaire islamique omanais a atteint environ 9,8 milliards OMR — une hausse de 9,2 % en glissement annuel. Ce chiffre représente 19 % du total du secteur bancaire omanais, un seuil où la consolidation devient plus sensée que la fragmentation supplémentaire.

Les financements accordés par les banques et guichets islamiques ont progressé de 10,5 % pour atteindre 7,9 milliards OMR. Les dépôts auprès des établissements islamiques ont augmenté de 11 % à 7,8 milliards OMR. La croissance est là — mais une pénétration inférieure à 20 % signifie que le secteur doit encore faire face à des acteurs conventionnels bien établis, et la fragmentation dilue ce qui devrait être un avantage concurrentiel.

Les vents contraires

La lettre d’intention est non contraignante, et cette précision porte son poids. L’opération requiert l’approbation de la Banque centrale d’Oman, l’accord des actionnaires des deux banques, et la réussite de l’émission de sukuk AT1. Ces instruments perpétuels comportent un risque de prix — sur un marché de capitaux moins profond, atteindre le bon spread dépend de conditions de marché qu’aucune annonce ne peut garantir.

Il y a aussi la question culturelle. Alizz Islamic Bank, initialement fondée en tant que filiale d’une banque conventionnelle, a un héritage organisationnel différent de celui de Bank Nizwa. Le risque d’intégration est réel, même si l’entité combinée émergerait avec une meilleure échelle et une efficacité capitalistique renforcée.

À surveiller

La Banque centrale d’Oman a activement élargi le cadre de la finance islamique — validant des structures conformes à la charia pour les sociétés de leasing aussi récemment que mi-2026. Cette posture réglementaire laisse présager un environnement favorable à l’opération. Mais le calendrier reste genuinement incertain.

Si la fusion aboutit et que l’entité combinée dépasse 20 % de part de marché, la conversation dans le secteur bancaire omanais change de nature. Les banques conventionnelles dotées de guichets islamiques feront face à un concurrent réel à service complet, pas à une simple alternative de niche. Cela va-t-il accélérer leurs propres offres islamiques — ou les pousser vers des partenariats à la place ?